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La question peut sembler étrange, mais elle est tout à fait pertinente : les arbres, comme les autres êtres vivants, se reproduisent. Alors, ont-ils un sexe ? La réponse est plus complexe qu’un simple « mâle » ou « femelle ».
Chez les plantes, on distingue deux grands cas. Certaines espèces sont dites hermaphrodites : chaque fleur porte à la fois des organes mâles (les étamines, qui produisent le pollen) et des organes femelles (le pistil, qui reçoit le pollen et permet la formation des graines). C’est le cas, par exemple, du pommier ou du cerisier. Ces arbres n’ont donc pas de sexe distinct : chaque individu peut produire à la fois du pollen et des ovules.
Mais d’autres espèces d’arbres sont dioïques, c’est-à-dire qu’il existe des individus mâles et des individus femelles. Les mâles produisent uniquement du pollen, et les femelles uniquement des fleurs capables de donner des fruits et des graines. Un exemple bien connu : le ginkgo biloba. Seuls les arbres femelles produisent les fameuses graines charnues à l’odeur si particulière. C’est aussi le cas du peuplier, du saule ou du houx : pour obtenir des fruits rouges de houx, il faut absolument qu’un pied femelle soit fécondé par un pied mâle.
On trouve aussi des situations intermédiaires. Certaines espèces peuvent avoir des individus hermaphrodites coexistant avec des mâles ou des femelles, c’est ce qu’on appelle des systèmes mixtes. Et dans quelques cas plus rares, un même arbre peut porter des fleurs mâles sur certaines branches et des fleurs femelles sur d’autres : on parle alors de monoécie. C’est le cas du chêne, dont un même individu porte à la fois des fleurs mâles (chatons) et des fleurs femelles (futures glands).
Cette diversité de stratégies sexuelles chez les arbres a un sens évolutif. Elle permet d’optimiser la reproduction selon l’espèce et l’environnement. Les arbres hermaphrodites maximisent leurs chances de fécondation, tandis que les espèces dioïques favorisent le brassage génétique en obligeant la rencontre entre un individu mâle et un individu femelle.
Enfin, le sexe des arbres a aussi des implications écologiques et pratiques. Dans les villes, on plante souvent davantage d’arbres mâles, car ils ne produisent pas de fruits salissants. Mais cela augmente les émissions de pollen, et donc les allergies respiratoires au printemps.
Conclusion : le sexe des arbres n’est pas une réponse unique. Certains sont hermaphrodites, d’autres mâles ou femelles, d’autres encore les deux à la fois. Une diversité fascinante qui illustre la richesse du vivant… jusque dans nos forêts et nos jardins.
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