
Pourquoi les démocraties ne sont pas si “vertes” ?
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À première vue, les démocraties semblent être les championnes de l'environnement, avec des politiques climatiques ambitieuses et une forte mobilisation citoyenne. Cependant, une étude récente remet en question cette perception en révélant que les démocraties ont tendance à externaliser leur pollution en important des biens polluants produits ailleurs.
Cette étude, publiée dans PLOS Climate, a analysé les données de 161 pays entre 1990 et 2015, en croisant les émissions de gaz à effet de serre, les flux commerciaux et les indices de démocratie. Les résultats montrent que les démocraties ont des émissions domestiques plus faibles, mais cela s'explique en partie par le transfert de la production polluante vers des pays moins démocratiques. En moyenne, les émissions de gaz à effet de serre étaient supérieures d'un peu plus d'une tonne par personne dans les démocraties qui externalisent davantage leur pollution, comparées à leurs homologues moins démocratiques.
The Independent
Ce phénomène, connu sous le nom de "pollution offshoring", signifie que les pays démocratiques arrêtent de produire des biens polluants eux-mêmes et les importent à la place, déplaçant ainsi les dommages environnementaux vers les pays producteurs. Cela est courant dans le commerce mondial, en particulier entre les démocraties plus riches et les nations à faible revenu dotées de réglementations environnementales plus faibles.
The Independent
Par exemple, la Norvège, souvent saluée pour ses politiques environnementales progressistes, reste l'un des plus grands producteurs de pétrole par habitant. Bien que le pays investisse massivement dans les énergies renouvelables et la conservation internationale, sa dépendance à l'égard des combustibles fossiles soulève des questions sur sa véritable empreinte écologique.
The Guardian
En revanche, certaines autocraties, comme la Chine, ont mis en œuvre des politiques environnementales strictes, notamment des investissements massifs dans les énergies renouvelables et des réglementations sévères sur la pollution. Cependant, l'absence de transparence et de participation citoyenne dans ces régimes peut limiter l'efficacité et la durabilité de ces initiatives.
En conclusion, la performance environnementale d'un pays ne dépend pas uniquement de son régime politique. Les démocraties peuvent afficher de faibles émissions domestiques tout en externalisant leur pollution, tandis que certaines autocraties peuvent adopter des politiques environnementales ambitieuses malgré des systèmes politiques fermés. Pour une évaluation plus précise, il est essentiel de considérer l'empreinte écologique globale, y compris les émissions importées, et de promouvoir des politiques transparentes et inclusives, quel que soit le régime politique.
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